Ecovillages en Bretagne

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écovillage breton

La Bretagne est le siège de nombreux projets d’écolieux, écovillages, éco-lotissements, écohameaux, etc. Découvrez quelques exemples d’écovillages en Bretagne.

Ecovillages en Bretagne : la ferme de Keruzerh, à Locoal-Mendon (22)

Avec moins de 3 500 habitants, la petite ville de Locoal-Mendon fait figure d’exemple en Bretagne. Située aux confins de la Ria d’Etel, entre Lorient et Vannes, elle a vu naître, en 2021, un projet d’écovillage autour de la ferme biologique de Keruzerh. Hélène, Kristell, et d’autres reprennent la ferme d’Anne-Marie pour y concevoir un lieu de vie conjuguant autonomie et économie. Initialement, y étaient installés habitations et gîtes sur 20 hectares dont 7 cultivables.

ecovillages en bretagne ferme keruzerh

Les jeunes gens, venant d’horizons divers, souhaitent y créer un éco-lieu associant accueil, production agricole et habitat. Ils savent que le facteur humain est souvent à l’origine des échecs. Ils ont donc créé une société coopérative d’intérêt collectif dans laquelle chacun peut investir sous plusieurs formes :

  • Prise de capital,
  • Titres participatifs,
  • Dons et mécénats.

Le financement attendu est de 280 000 euros. Il permettra de rénover les bâtiments, d’aménager les zones d’accueil ou encore de planter des haies fruitières.

Plusieurs activités y seront créées :

  • accueil et loisirs incluant des visites pédagogiques, des gîtes insolites ou une auberge populaire,
  • une ferme diversifiée, écologique et ouverte au public,
  • un centre de formation en lien avec l’autonomie et le bien-être et des chantiers participatifs.

Ecohameau de la Bigotière (35)

Le confinement a donné l’envie à beaucoup d’aller s’installer au fin fond de la campagne. Le but : y vivre en totale harmonie et solidarité, d’où le foisonnement de projets d’écovillages en Bretagne. Ce rêve, d’autres l’ont mené bien avant le confinement, comme à la Bigotière, une ferme située à Epiniac (Ille-et-Vilaine). 6 couples ont développé un projet écologique, économique et social au cœur d’un territoire qu’ils ont totalement adopté.

Initialement, ce réseau d’amis avait l’habitude de partager vacances et weekends. L’envie est née très vite de vivre tous ensemble dans une grande ferme ou un manoir breton. Sur la trentaine de copains rassemblés en 2012, seuls 12 ont répondu « présent ». Cheminot, professeur d’histoire, musicienne ou dessinatrice d’architecture, ils ont tous envie de construire quelque chose ensemble.

Après la vente de leurs biens individuels, ils ont relocalisé leurs richesses au sein d’une association. Les amis ont cherché pendant trois ans le lieu idéal. Ils ont trouvé une ferme du début 20ème , ancienne propriété de Guy La Chambre. L’homme était maire de Saint-Malo de 1947 à 1965 et ministre sous la IV ème République. L’écohameau de la Bigotière est situé au bord d’un ruisseau, sur 4 hectares. Il accueille désormais :

  • un bâtiment d’accueil,
  • un fournil,
  • un jardin pédagogique avec poulailler, chèvres et moutons, ânes et chevaux, mais aussi fourmilière et ruches.

Les habitants organisent des ateliers participatifs, des balades, des conférences et même des spectacles.

Des écovillages en Bretagne qui échouent

Tous les projets, aussi beaux soient-ils, n’aboutissent pas. Le taux d’échec serait estimé à 80 %. Parfois, l’échec prend sa source dans le facteur humain. Mais il arrive aussi qu’il manque les quelques milliers d’euros qui permettent de mettre le projet en œuvre.

C’est ce qui est arrivé au projet de Ronan Herry à Guerlesquin, un projet d’écovillage au bord du lac, dans le terroir breton. Le réalisateur avait lancé en 2014 une campagne de crowdfunding pour récolter les 10 000 euros d’apport nécessaires au lancement du projet. Après plusieurs mois, il n’avait récolté que 25 % du montant souhaité. En outre, si la constructibilité du terrain au plan local d’urbanisme (PLU) de la commune semblait acquise à l’époque, il semble qu’elle ne soit plus à l’ordre du jour du PLU intercommunal applicable depuis 2020.

Des écovillages Bretons en voie de développement

Cela fait plus de 15 ans maintenant que l’éco-lotissement de Hédé-Bazouges, situé près de Rennes, a vu le jour. Conçu par Menguy Architectes, il a été le tout premier à être labellisé éco-quartier en région Bretagne. Le but était de concevoir un lotissement qui fasse un lien harmonieux entre le bourg et le milieu environnant, rural, agricole et naturel. La voirie est étroite, longée par des talus plantés. Des îlots de stationnement et des cours communes permettent de réduire la présence de l’automobile dans le lieu de vie et de renforcer le lien social. Le règlement du lotissement impose des constructions bioclimatiques, conçues avec des matériaux écologiques, et faisant la part belle aux technologies écologiques :

  • garages en bois,
  • chauffe-eau solaire,
  • récupérateurs d’eau de pluie,
  • toilettes sèches, etc.

Végétation développée, réduction des déchets et des consommations d’eau et d’énergie, le bilan a été si positif que l’idée a fait florès. Faisant référence, l’éco-lotissement de Hédé-Bazouges a débouché sur de nouvelles réalisations, à Langouët, Josselin, Saint-Gildas de Rhuys, Noyalo, etc. La conception préserve autant que possible la végétation et limite autant que possible l’imperméabilisation des sols. Les parcelles sont petites, moins de 300 mètres carrés, ce qui permet de maîtriser la consommation de foncier.

On est encore loin des systèmes autarciques qui existent dans les Pyrénées, mais ces réalisations d’écovillages en Bretagne sont le signe de l’engagement fort des municipalités bretonnes en faveur de l’éco-responsabilité et du développement durable.

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Marie-France
Rédactrice de formation, Marie-France est devenue blog-addict depuis 2010. Elle se passionne pour tous les sujets de société et de développement personnel. Elle met ses compétences et son expérience au service de ConsoFutur pour faire avancer la vie vers un monde plus responsable et plus durable.