Les arbres sont-ils doués d’intelligence ?

0
53
Arbre et intelligence

Indispensables à notre survie car pourvoyeurs d’oxygène, les arbres suscitent nombre de débats entre botanistes et scientifiques. Si tous s’accordent sur le fait que les arbres sont des arbres vivants, les avis divergent quant à leur intelligence. Mais comment définir vraiment la notion d’intelligence ? Les arbres n’auraient- ils pas une intelligence propre, à travers les facultés cognitives dont ils disposent ?

Comment définir l’intelligence ?

Si on se réfère au Larousse, l’intelligence bénéficie de plusieurs définitions : « Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle » ou « Capacité de saisir une chose par la pensée ». Ce qui implique clairement que l’intelligence est liée au fait de posséder un cerveau et des neurones qui permettent de saisir une information et de la transmettre aux organes afin d’agir. Ne seraient donc doués d’intelligence que les êtres qui pensent, réfléchissent, analysent leurs actes, éprouvent des sentiments… Suivant cette allégation, il est clair qu’un arbre ou plus généralement une plante n’est pas doué d’intelligence.

Pourtant, certains s’élèvent contre cette définition radicale de l’intelligence. Ainsi, Stéfano Mancuso, le botaniste italien auteur du livre « l’intelligence des plantes » paru en 2018, explique que « lier l’intelligence à un cerveau est trop simpliste et exclut du monde de l’intelligence la majorité de la vie sur terre ». D’autres, comme l’ingénieur forestier Peter Wohlleben, auteur du best-seller « La vie secrète des arbres » paru en 2015, reconnaissent que les arbres peuvent être intelligents différemment. Il faut peut-être concevoir l’intelligence autrement que par le biais de notre cerveau d’Humain.

Et si les arbres avaient une intelligence qui leur est propre ?

Certains acacias en Afrique sont capables de rendre leurs feuilles indigestes pour faire face à une attaque de girafes affamées. Dans une forêt, les arbres poussent en faisant en sorte de ne pas se gêner. Des échanges de sucre se font mutuellement entre sapins et bouleaux lorsque chacun d’eux en manque. Comment expliquer ces phénomènes ?

Peut-être en reconnaissant que les arbres sont dotés de facultés cognitives qui leur permettent de percevoir le monde qui les entoure et leurs congénères à leur façon. Car, c’est un fait (certes pas forcément démontré scientifiquement), mais les arbres bénéficient d’une mémoire de certains événements comme une sécheresse ou un gros épisode de froid et sauront s’adapter s’ils doivent à nouveau y faire face. Ils savent développer des capacités de résilience, communiquent via leur système racinaire. Ils ont un sens du toucher, ressentent le vent et peuvent s’adapter aux contraintes qu’il leur impose. De même, au sein d’une forêt, il devient évident que les arbres ne luttent pas les uns contre les autres mais, au contraire, sont capables de coopérer. D’ailleurs, un arbre seul n’a-t-il pas plus de difficulté à croître qu’un autre même arbre dans une forêt ?

Ultime exemple de l’intelligence d’un arbre : n’est-il pas capable de survivre là où l’homme échoue, par exemple lors d’une catastrophe naturelle ?

Finalement, si de nombreuses personnes éprouvent des difficultés à concevoir cette intelligence de l’arbre, ne serait-ce pas simplement parce qu’ils ont bien du mal à accepter qu’une autre intelligence que celle de l’Homme soit possible ?