Les œufs : un étiquetage souvent paresseux ?

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Chaque année, 15 Milliards d’œufs sont consommés. Pourtant, il semblerait bien que certains grands profitent un peu de la confiance que l’on a en ces produits de première alimentation.

Un étiquetage approximatif

Dans une étudie publiée plus tôt dans l’année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a établi, au terme d’une enquête, que 25% des œufs étaient mal étiquetés.

Une des falsifications majeures s’effectue au niveau de la date de péremption, souvent rallongée pour permettre au produit de rester plus longtemps en rayon. Celles-ci sont très souvent rallongées de quelques jours, voire de quelques mois, ce qui peut causer des problèmes d’ordre sanitaire.

Au lieu d’assumer pleinement la faute, les éleveurs mettent en cause les lois, selon eux trop approximatives pour être applicables à la lettre. A leur décharge, rappelons tout de même qu’il y a trois ans, ces falsifications concernaient environ 50% des œufs.

Bio mais pas trop

Mis à part les dates de péremption, la provenance des œufs est également falsifiée, notamment sur ceux qui viennent de grands groupes industriels. La provenance des œufs est déterminée par un chiffre allant de 0 à 3, 0 représentant un œuf bio et 3 un œuf de poule en cage. Certains industriels se « trompent » de chiffre en indiquant un 0 pour des poules élevées en batteries tandis que d’autres utilisent une technique plus subtile pour tromper le consommateur.

Au lieu de simplement mentir sur le chiffre, ils vont jouer sur l’image présente sur la boîte. Si l’on voit régulièrement des poules qui gambadent dans les champs sur nos paquets, c’est généralement tout autre. En effet, si les industriels jouent beaucoup sur ce type d’images pour rendre les paquets alléchants, il est récurrent de voir ensuite le chiffre 3 affiché sur nos œufs une fois la boîte ouverte. Pour rappel, seules les poules dont les œufs sont indiqués par les chiffres 0 et 1 sont réellement élevées en plein air.

Si l’engouement du bio vient de plus en plus du côté des consommateurs, n’oublions pas qu’il l’est également chez les grandes marques et qu’elles feront tout pour en vendre, quitte à falsifier l’étiquetage. Cependant, nous ne connaissons pas les habitudes de chaque commerçant et il est difficile de détecter ces falsifications. Le meilleur conseil à donner ici est de se concentrer sur l’achat à de petits producteurs, souvent plus honnêtes sur les dates et aptes à proposer des produits « vraiment bios », ou de lire les paragraphes sur la provenance en petits caractères sur la boite.