Concilier voyage et développement durable, un challenge urgent

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Voyage en avion

Le tourisme et les voyages ont un impact très fort en termes de développement durable. Si les établissements touristiques ont commencé à prendre la mesure du problème, notamment en laissant aux tourismes quelques messages environnementaux, il reste encore beaucoup à faire en la matière.

Des micro-mesurettes à effet réduit

Les messages qui consistent à inciter, dans les hôtels, les clients à ne pas changer systématiquement leurs serviettes, ont peu de poids au regard des tonnes de CO2 générées par les déplacements en avion. Un aller-retour Paris-New-York représente plus d’une demi tonne de CO2 par passager. Or il décolle plus de cent mille avions chaque jour.

Il faut bien reconnaître que les offres de tourisme ne prennent pas en compte les souhaits du consommateur de s’engager plus pour le climat. Il n’est pas facile, pour un éco-consommateur, de trouver des offres de tourisme équitable et responsable sur Internet ou dans les agences de tourisme. Pourtant, il en va non seulement de la survie de la planète mais aussi de la survie du tourisme lui-même.

Réconcilier tourisme et développement durable

L’enjeu est tel qu’il a justifié des assises internationales, qui se sont tenues dans le Cantal en septembre, pour la 3ème année consécutive. Ce rendez-vous portait essentiellement sur la définition de stratégies et de moyens pour conduire à un tourisme durable à moyen et long termes.

L’urgence se justifie par une augmentation sensible du bilan-carbone du tourisme, qui représente à lui seul 8 % des émissions de GES (gaz à effet de serre). Or c’est aussi un secteur économique important, avec près de 300 millions d’emplois dans le monde et 10 % du PIB mondial. On voit tout l’intérêt de réconcilier ces deux enjeux économique et écologique, d’autant que les effets du réchauffement planétaire risquent d’avoir des conséquences dommageables sur les sites touristiques les plus prisés.

concilier tourisme et développement durable

S’ensuit un rejet de plus en plus évident du tourisme et des touristes, qui pourrait fortement nuire à cette activité économique. La prise en compte du développement durable dans les offres touristiques est lente, mais c’est le seul moyen de répondre aux attentes des citoyens écologiques. Les Entretiens internationaux du tourisme devraient y aider, si l’on en croit les réflexions des dernières rencontres :

  • intégrer les innovations technologiques et les nouveaux modes de transport, plus écologiques,
  • favoriser l’intermodalité,
  • préserver le cadre de vie des populations autochtones et travailler sur l’acceptabilité,
  • réfléchir à la place des femmes et à une approche plus humaniste du management touristique,
  • donner leur place aux « petits acteurs » du tourisme,
  • envisager de nouvelles destinations,
  • sensibiliser les touristes aux questions environnementales, mais aussi les grands groupes touristiques.

Le changement est profond et le défi de taille, mais il en va de la survie de l’activité touristique.