Voyage pour “nulle part”, l’antithèse du voyage écologique

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vol pour nulle part

Les compagnies aériennes connaissent, à travers le monde, de graves difficultés depuis la crise sanitaire. Il fallait trouver de nouvelles idées pour attirer la clientèle. De là est née l’idée du voyage vers nulle part, un voyage aérien de quelques heures sans destination. Ce concept de vol pour nulle part connaît un succès fou, mais il ne correspond pas à l’idée qu’on se fait du voyage écologique.

L’idée à la mode, le vol pour nulle part

Avec la crise sanitaire, les frontières ont été fermées et les compagnies aériennes se sont retrouvées clouées au sol. C’est la double peine pour elles : non seulement elles perdent le chiffre d’affaires que génèrent les voyages aériens mais en plus, l’immobilisation des avions coûte cher.

grande barrière de corail vue du ciel

Les compagnies aériennes ont eu l’idée de lancer des voyages pour nulle part. L’enjeu est double :

  • conserver la clientèle, voire en attirer une nouvelle, malgré la fermeture des frontières,
  • éviter de maintenir au sol les avions.

Eva Air, une compagnie aérienne taïwanaise, a été l’une des pionnières dans ce domaine, avec un vol pour nulle part de 2 heures 45 à bord d’un Airbus A330, en l’honneur de la fête des pères. L’avion, aux couleurs de Hello Kitty, avait survolé l’île de Taïwan et dessiné un joli cœur dans le ciel.

La compagnie Royal Brunei Airlines n’est pas en reste, qui propose un survol de l’île de Bornéo commenté par le pilote, et cadeau et repas à la descente de l’avion.

Dernière en date à proposer ce concept, Quantas, une compagnie aérienne australienne, qui surfe sur la vague en proposant des billets à un tarif outrancier, de près de 500 euros à plus de 2 300 euros le vol pour nulle part. Au menu du vol à bord d’un Boeing 797, d’une durée de 7 heures, des paysages variés extraordinaires  :

  • Sydney,
  • Uluru Kata,
  • Ayers Rock,
  • sans oublier la Grande barrière de corail.

La facture carbone des flying to nowhere

Les touristes sont friands de ces vols sans escale et sans destination puisque malgré le tarif élevé, les 150 billets australiens se sont vendus en 10 minutes. Malgré tout, les flying to nowhere font l’objet de controverses. Même si les compagnies aériennes payent un tribut pour compenser 100 % des émissions carbone de leurs vols, il n’en reste pas moins qu’une pollution compensée reste une pollution.

pollution aérienne

La présidente de la commission Transport au Parlement européen, Karima Delli, considère les vols pour nulle par comme une aberration écologique :

« Les vols pour nulle part, c’est pour mieux observer les incendies vu du ciel ou assister en direct à la mort des barrières de corail ? »

Ce sont en effet plus de 900 millions de tonnes de CO2 qui ont été, en 2018, émises par les seuls vols commerciaux. Dans une période où les gouvernements, comme en France, demandent aux compagnies aériennes nationales de supprimer ses lignes intérieures lorsqu’il existe une ligne ferroviaire qui permet de faire le même trajet en moins de 2 heures 30, on voit bien en effet toute l’absurdité de ces vols sans destination.

Singapour annule ses vols pour nulle part

Certaines compagnies aériennes y sont sensibles, comme la compagnie Singapour Airlines. Elle avait lancé un vol de ce type sur un Airbus A380 pour renflouer les caisses. Devant les critiques des associations environnementales, elle est cependant revenue en arrière, remplaçant ces vols contestés par des visites d’appareils, des animations enfants et des dîners on board.

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