Les fonds océaniques contaminés par des polluants organiques persistants

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pollution des fonds marins

On aurait cru les abysses indemnes de toute pollution. Pourtant, les polluants organiques persistants sont partout, au point d’avoir contaminé les grands fonds marins où même l’homme n’a quasi jamais mis les pieds, d’après une étude sur le sujet publiée en février dernier « Bioaccumulation of persistent organic pollutants in the deepest ocean fauna » sur le site nature.com.

Des fosses sous-marines souillées au plus profond

Les fonds marins sont pour beaucoup un lieu inconnu tout simple inexploré et que l’on imagine immaculé totalement vierge de toute souillure. Ils portent comme certains ont pu le noter malheureusement la marque depuis quelques temps des activités humaines comme le révèle une étude de la revue « Nature Ecology & Evolution ». Alan Jamieson et ses collègues ont sondé plusieurs fosses océaniques, comme les Kermadec et les Mariannes situées l’une dans le sud-ouest, l’autre dans le nord-ouest du Pacifique, et ils ont pu se rendre compte que des traces de pollution sont présentes à plus de 6 kilomètres sous le niveau de la mer, dans ce que l’on appelle l’ultraprofond.

Une méthode d’exploration originale pour une étude inédite

Pour étudier les fonds marins, les scientifiques ont utilisé un robot sous-marin qu’ils ont fait descendre dans les fosses entre 7 200 et 10 250 m. Grâce aux nasses qui équipaient le robot, ils ont capturé de minuscules crustacés, de 10 mm environ, à plusieurs paliers. Ces amphipodes sont des poubelles ambulantes, ils avalent tout ce qui leur tombe sous la dent. Il a donc été facile, en analysant leur composition, de démontrer la présence de pollution notamment les PCB (polychlorobiphényles, qui ne sont pourtant plus utilisés depuis les années 70) et des PBDE (polybromodiphényléthers, dont l’industrie pétrolière a usé dans les années 70 – 80 et qui sont encore utilisés dans l’industrie : textiles, plastiques, etc.).

Présents à des niveaux élevés (50 fois supérieurs à ceux du fleuve le plus pollué de Chine, le Liao), ces polluants organiques persistants portent bien leur nom. Une explication de leur présence dans les abysses marins est qu’ils pourraient avoir été charriés par les courants océaniques et atmosphériques puis, agglutinés à des amas de déchets organiques, poussés vers les abysses. Les particules de déchets plastiques qui s’échappent des continents de déchets situés à proximité contribuent également à les transporter.

A l’occasion de leur étude, les scientifiques ont rappelé que plus de 1,3 million de tonnes de PCB sont encore produits tous les ans à travers le monde. Les déchets de notre civilisation continueront-ils encore longtemps d’empoisonner notre environnement et l’ensemble de la faune marine du monde entier.

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Marie-France
Rédactrice de formation, Marie-France est devenue blog-addict depuis 2010. Elle se passionne pour tous les sujets de société et de développement personnel. Elle met ses compétences et son expérience au service de ConsoFutur pour faire avancer la vie vers un monde plus responsable et plus durable.