A quoi ressemble le bénévole de 2017 ?

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Les Français s’engagent ! 1 sur 4 est bénévole et ce chiffre est en augmentation. Les modalités d’implications, cependant, évoluent avec le temps. Faisons le portrait des bénévoles d’aujourd’hui.

Noble, généreux, valorisant… L’engagement bénévole jouit toujours d’une bonne image. Et on n’a que l’embarras du choix parmi 1,3 million d’associations. En 2017, on ne s’engage plus comme il y a 30 ans pour une cause immuable ou dans une association dans laquelle on projette de passer des années. On s’investit sur une mission précise, avec un objectif, puis on renouvèle son engagement sur un projet différent, dans la même association ou ailleurs. Ces évolutions sont sensibles depuis une dizaine d’années. Le profil des bénévoles se modifie par petites touches, sans que jamais leur générosité se démentisse. La récente publication de la 14e édition de « La France bénévole » l’illustre clairement.

Être utile

S’il est une chose qui ne change pas, c’est bien la motivation première des personnes qui s’engagent : elles veulent d’abord agir pour les autres (77 %) et de façon concrète (50 %). Elles osent désormais reconnaître explicitement qu’elles sont mues aussi par des raisons plus personnelles  -« pour soi »- comme lier des relations avec les autres, acquérir ou développer des compétences. De nombreuses études ont souligné les satisfactions qu’apportent le volontariat : donner de son temps rend heureux ! Parmi les déclencheurs de leur action on trouve : le fait d’avoir du temps libéré, l’invitation d’un ami ou membre de la famille, ou encore la réaction à une situation précise (crise locale ou internationale, maladie d’un proche etc.). Il ne s’agit donc plus, comme c’était le cas par le passé, d’adhérer à une association pour lui proposer ses services en général, mais plutôt de venir proposer son aide avec une volonté d’agir ciblée.

Les jeunes répondent présent

Ces dernières années, ce sont les jeunes qui sont venus grossir les rangs des volontaires, la proportion des plus de 50 ans reculant légèrement sur la même période : un bénévole sur 5 a moins de 35 ans (+ 5 points en 6 ans) et un sur quatre a entre 35 et 49 ans (+ 8 points). Leur portrait-robot indique que les plus jeunes sont avant tout motivés par les actions concrètes, les relations avec les autres et l’accroissement de leurs compétences. Beaucoup souhaitent exercer des responsabilités et aimeraient s’appuyer sur le numérique et intervenir à distance. De fait, le volontariat d’aujourd’hui passe par le digital, même si certaines associations ont tardé à s’y mettre. La mise en relation bat actuellement son plein sur le web : la Macif vient par exemple de lancer la plateforme sociale et solidaire Diffuz qui présente les projets en recherche de bénévoles sous forme de « défis ».

Prévenir l’usure

Le rajeunissement des bénévoles français s’accompagne aussi d’un léger désengagement des seniors. Ils se mobilisent plus facilement en réaction à des difficultés qu’ils observent localement et sont plus souvent demandeurs d’informations sur leur association, de conseils. Paradoxalement, ils semblent avoir plus besoin d’être rassurés que les autres. Au bout de la chaîne des parcours bénévoles, on trouve aussi des seniors devenus dirigeants associatifs. Quoique très impliqués, ils expriment une certaine lassitude : 11 % voudraient diminuer leur présence et 26 % arrêter bientôt. Ces chiffres suggèrent une possible usure… Qui trouve parfois sa résolution dans la mise en place d’un tutorat voire d’un passage de relai entre bénévoles expérimentés et nouveaux volontaires.

Et les dons ?

Les Français ne sont pas avares de leur temps, ni de leur argent.
Ils ont donné 4,6 milliards d’euros en 2015, une somme en hausse de 4 % sur 2 ans.
Le social, la recherche médicale et la solidarité internationale forment le trio de tête des causes les plus soutenues, mais d’autres émergent comme l’environnement (+ 12 %).

Le bénévolat c’est du boulot ?

Les associations aussi ont changé, à commencer par les grosses structures. Recrutement, ressources humaines, management, formations pour les bénévoles… Pour gagner en efficacité, elles tendent vers des modèles organisationnels plus proches de l’entreprise, y compris celles qui n’ont pas ou peu de salariés : 6 fois sur 10 les nouveaux bénévoles sont accueillis par un service ou un référent dédié.  Or cette « professionnalisation » n’est pas sans poser quelques difficultés, il y a, en effet, des règles : on ne peut pas, par exemple, devenir bénévole dans une entreprise dans laquelle on a été salarié et toucher des allocations chômage…

La France mobilisable

Un peu plus jeune, toujours aussi investi, avide de rencontres et de formations, attentif à ne pas s’épuiser : tel est le visage du bénévole de 2017. Nombre de Français pourrait encore s’engager, ils sont dits « mobilisables » : les adhérents d’associations non bénévoles et les donateurs non adhérents… Les formes d’investissement sont multiples. Qu’est-ce qu’on attend ?