Le mix électrique 100 % renouvelable, fantasme ou réalité ?

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Mix electrique 100 renouvelable

Peut-on imaginer un tel exploit, arriver à un mix électrique 100 % renouvelable d’ici quelques dizaines d’années ? Cela paraît impensable, et pourtant c’est ce que nous promet l’ADEME dans un rapport d’étude, publié en octobre 2015.

Des progrès techniques significatifs

Du photovoltaïque à l’éolien, en passant par la cogénération et les hydroliennes, les technologies de production d’électricité verte se multiplient et se développent très vite. Mais le mix électrique 100 % renouvelable doit réunir quelques conditions supplémentaires :

  • combiner les différentes énergies renouvelables, avec une répartition adaptée aux ressources (soleil au Sud, vent au Nord) ;
  • assurer la flexibilité de l’usage quotidien, des moyens de stockage et de la transformation en gaz de la surproduction (« power to gas to power ») ;
  • pouvoir prendre en compte les aléas météorologiques (absence de vent, hiver très froid, ensoleillement limité, excès de vent) ;
  • développer le réseau et notamment les interconnexions avec les pays voisins ;
  • évaluer et limiter l’impact économique ;
  • assurer l’équilibre entre la demande et la production tout au long de l’année.

Des coûts en baisse

Le développement des énergies renouvelables connaît un essor important. L’effet de série et la compétitivité du marché les rendent de plus en plus abordables et efficientes. Des études conduites par la Cour des Comptes ou NREL notamment établissent que d’ici 2050, le coût de production du kWh pourrait être diminué de moitié. Une étude de l’Agence Internationale de l’Energie (IEA) établit que l’énergie solaire coûte en moyenne deux fois moins cher à produire qu’il y a 5 ans.

L’étude de l’ADEME estime un surcoût limité à 2 % du mix électrique 100 % renouvelable, comparé à un mix électrique à 40 %.

Des freins au mix électrique 100 % renouvelable

L’ADEME nous met en garde dès les premières pages de son rapport : il ne s’agit que d’une étude exploratoire et « pas d’un scénario politique ». Cela dit, le seul fait d’émettre l’hypothèse constitue déjà un espoir. On comprend bien que les obstacles, économiques, techniques, psychologiques même, seront nombreux. L’étude propose d’ailleurs des scénarios alternatifs, pour s’adapter aux contraintes du développement du réseau, à l’acceptabilité sociale et à l’émergence de nouvelles technologies.

Même si l’étude mérite d’être affinée, il n’en reste pas moins qu’une volonté politique forte pourrait contribuer à atteindre cet objectif du mix électrique 100 % renouvelable d’ici 2050.