L’eau du robinet polluée pour près de 3 millions de Français

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En France, 2,8 millions de personnes boivent de l’eau du robinet polluée révèle l’UFC-Que Choisir dans une étude publiée le 26 janvier 2017 sur l’accès des Français à l’eau potable.

Pollution aux pesticides, nitrates et bactéries

Si près de 96 % des consommateurs peuvent boire de l’eau de bonne qualité, 2,8 millions ont en revanche une eau polluée, notamment par les pesticides (2 millions de consommateurs répartis dans 2.271 communes), les nitrates (226.000 répartis dans 370 communes) et les bactéries (215.000).

L’UFC-Que Choisir précise que les pesticides sont de « loin » la première cause de non-conformité. Ce sont principalement des herbicides tels que l’atrazine, molécule interdite depuis 2003 mais qui reste « particulièrement rémanent dans l’environnement ». Rappelons que l’atrazine agit sur l’organisme comme un perturbateur endocrinien.

Cartographie des zones touchées par les nitrates
Cartographie des zones touchées par les nitrates

Les nitrates, quant à eux, polluent l’eau de près de 200.000 consommateurs, en particulier dans le Loiret, la Seine-et-Marne, l’Yonne, l’Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme.

Cartographie des zones touchées par les nitrates
Cartographie des zones touchées par les nitrates

Les contaminations bactériennes « dues aux défauts de surveillance ou à la vétusté des installations » concernent également près de 200 000 personnes et touchent surtout les communes de montagne (Alpes, Massif central et Pyrénées). L’UFC-Que Choisir pointe surtout la présence de « composants toxiques » dans les canalisations des logements : plomb, cuivre, nickel ou chlorure de vinyle.

Cartographie des zones concernées par les contaminations bactériennes
Cartographie des zones concernées par les contaminations bactériennes

Demande de réforme et application du principe de « pollueur-payeur »

Pour faire face à ce phénomène, l’UFC-Que Choisir demande une « réforme en profondeur de la politique agricole de l’eau » et l’application du principe  de « pollueur-payeur » avec la mise en place « d’incitation à réduire les intrants polluants par l’application de taxes sur les engrais azotés, les pesticides et les consommations d’eau, et des sanctions financières dissuasives et proportionnelles en cas d’atteintes environnementales« .

Source :  Le Monde