Les enjeux de la Cop 21

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Quel scénario à venir si les gouvernants décidaient de ne rien faire ? Autrement dit, en cas d’échec de la COP 21, si les 196 pays ne parvenaient pas à se mettre d’accord, à quoi ressemblerait notre planète ?

L’élévation de la température globale de la planète a déjà atteint près de 1 degré depuis l’ére pré-industrielle au 19ème siècle, période qui sert de référence car c’est à ce moment-là que les relevés météorologiques sont devenus fiables, et que les activités humaines se sont mises à rejeter du CO2 de façon intensive.

A ce rythme-là, cela voudrait dire qu’on atteindrait un réchauffement climatique de 4 degrés d’ici 2100 et qu’on dépasserait les 2 degrés de réchauffement climatique avant 2050. Cela peut paraître peu. Mais c’est en réalité suffisant pour dérégler l’ensemble de l’écosystème planétaire, par un effet de cercle vicieux implacable :

  • La hausse des particules de carbone, au rythme actuel de 250 ppm au 19ème siècle à 400 ppm aujourd’hui, conduirait à une perte de 30% de la biodiversité.
  • La fonte des pôles, qui a déjà entraîné une hausse du niveau marin de 20 cm, atteindrait 1 mètre. Or 250 millions de personnes – 4 fois la France – vivent dans des zones côtières qui seraient directement exposées par la montée des eaux. Ce serait donc autant de réfugiés climatiques, dont une large part vit dans les pays du Sud, particulièrement en Asie.
  • L’acidité des océans, déjà passée d’un ph de 7,8 à 8,1 en quelques décennies s’amplifierait. Cette acidification des océans marins a des conséquences désastreuses, à la fois sur les espèces sous-marines mais aussi parce qu’elle empêche les océans de jouer leur rôle d’absorption du CO2.

Que peut faire la Cop 21 ?

Tous les observateurs s’accordent à dire que les négociations seront serrées, compte-tenu des intérêts économiques. Le traité international de Rio en 1992, avait avalisé un accord de principe de 192 pays pour réduire les émissions de CO2. En réalité un vœu pieu, car l’accord n’était pas contraignant. C’est tout l’enjeu de la réussite ou de l’échec de cette Cop 21.

Quel est le rapport de force pour un accord contraignant ?

  • Les Etats-Unis opposés. Pour adopter un accord prévoyant des sanctions en cas de non-respect de la baisse des gaz à effet de serre, il faudrait que ce texte soit adopté au Congrès, à majorité républicaine. Traditionnellement, les américains ne signent jamais d’accords prévoyant que l’on puisse leur infliger des sanctions, ils ont même refusé de signer un accord sur les mines anti personnelles.
  • Les pays émergents réticents. Pour la Chine, une baisse de ses émissions à marche forcée, comme l’exigerait un accord raisonnable, impacterait gravement sa compétitivité. Pour certains pays du Sud, particulièrement en Afrique, il leur paraît injuste de participer à la baisse des émissions de CO2 alors qu’elles sont le fait de pays riches de l’hémisphère Nord.
  • L’Europe et la France favorable. Les pays européens sont prêts à signer un accord prévoyant des objectifs chiffrés précis et des sanctions financières. Mais compte tenu du rapport de force, des versions du texte qui circulent élaborées par la diplomatie française prévoient d’abandonner ce barème en privilégiant une formulation plus alambiquée : les pays signataires auraient l’obligation de mettre en œuvre des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une obligation de moyens, pas de résultats.